Jean-Jacques Pérennès : « Ça vaut la peine de mettre sa vie sur la problématique du dialogue ! »

Le frère Jean-Jacques Pérennès travaille à l’Ideo depuis 11 ans. Il en est l’actuel directeur. Passionné de terres d’islam, il nous partage sa conviction sur le dialogue interreligieux.

« J’ai toujours eu le goût du monde arabe, du Moyen-Orient, de la Méditerranée. J’ai passé plus de trente ans de ma vie dans cette région entre l’Irak, l’Algérie et l’Egypte. La Méditerrannée est à la fois une zone de rencontres et de conflits. Comment faire en sorte que les chances que nous avons de nous connaître et de nous rencontrer ne se terminent pas en conflits et en affrontements ? Ca vaut la peine de mettre sa vie sur une problématique comme ça, c’est passionnant !
Une des choses qui m’est le plus chère dans le monde musulman depuis 30 ans, c’est le thème de la fraternité spirituelle. Les moines de Tibhirine, à travers notamment les textes de Christian (de Chergé) ont un peu sensibilisé à ça, au moins le public français. Nous sommes ensemble des chercheurs de Dieu. Du coup, plutôt que de se mettre dans le face à  face, se mettre ensemble dans la même dirction. Ensemble, les uns et les autres, on cherche à rencontrer quelqu’un. Alors, on ne l’appelle pas de la même manière, on en parle de façon différente mais il y a des harmoniques. Il y a ce très beau texte de Christian  de Chergé qui raconte qu’un soir, dans la chapelle de Tibhirine, il entend quelqu’un prier derrière lui. C’est un musulman. Leurs prières durent longtemps. Et à la fin, Christian dit : « Quel bon tour avons-nous joué à ces siècles d’imprécation ! »  Cette thématique de la fraternité spirituelle est très belle. Quelque chose qui a joué pour moi très fort, c’est du jour où l’un de mes très bons amis musulmans, fils d’imam, m’a dit : « S’il-te-plaît, prie pour moi. » Que lui ait confiance en la valeur de ma prière m’a beaucoup touché. Du coup, je ne manque pas de lui demander la même chose. Il faut que ça aille jusque là. ça remet en cause notre propre manière d’être. Le dialogue interreligieux devient le dialogue intrareligieux.
Être plongé dans un monde où l’unicité de Dieu, l’absolu de Dieu est affirmée de façon aussi forte, ça nous aide à débarasser notre propre foi d’ajouts périphériques qui ont été faits au cours de l’histoire. Le sens de la prière, aussi, comme un absolu qui arrête tout le reste. L’Occident y voit du fanatisme. Ce n’est pas du tout ça. C’est un très grand sens d’être dans la main de Dieu. Ce sont des choses que les musulmans m’ont appris et qui me servent beaucoup aujourd’hui.
« N’ayez pas peur ! », nous invitait Jean-Paul II »

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Une réponse à Jean-Jacques Pérennès : « Ça vaut la peine de mettre sa vie sur la problématique du dialogue ! »

  1. Rabih dit :

    Quel beau témoignage! Le frère Jean-Jacques Pérennès et son ami le fils de l’imam nous rappelle qu’aimer Dieu sans aimer le prochain… c’est dommage…